Année : 2016

Les lames du cardinal

Saga : Les lames du cardinal, tome 1

Auteur : Pierre Pevel

Editeur : Folio

Genre : Fantasy

Résumé : Paris, an de grâce 1633. Louis XIII règne sur la France et Richelieu la gouverne. Le Cardinal, l’une des personnalités les plus puissantes et les plus menacées de son temps, doit sans cesse regarder des ennemis de la Couronne. L’espionnage, l’assassinat, la guerre, tout est bon tour parvenir à leurs fins… et même la sorcellerie, qui est l’œuvre des plus fourbes adversaires du royaume: les dragons! Ces redoutables créatures surgies de la nuit des temps ont en effet survécu et se dissimulent parmi les humains, ourdissant de sombres complots pour la reconquête du pouvoir. Déjà la cour d’Espagne est tombée entre leurs griffes… Alors, en cette nuit de printemps, Richelieu décide de jouer sa carte maîtresse. Il reçoit en secret un bretteur exceptionnel, un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n’ont pourtant pas épargné : le capitaine La Fargue. Car l’heure est venue de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, une compagnie d’aventuriers et de combattants hors du commun, rivalisant d’élégance, de courage et d’astuce, ne redoutant nul danger: les Lames du Cardinal!

Mon avis

Appréciant l’écriture de Pierre Pevel ainsi que l’histoire des trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, j’étais curieuse de découvrir ce texte. J’ai apprécié ma lecture, même si j’ai été un peu déçue par rapport aux attentes que j’en avais.

On découvre ici un Paris du XIIIème siècle fantasmé, où une race de dragons existe et complote dans l’ombre. Cela dit, l’aspect fantastique est peu présent dans le roman qui se concentre surtout sur les complots politiques et sur la présentation des personnages.

Parlons des personnages, car au final c’est ce qui m’a le plus perturbé dans ce roman. Il y en a beaucoup, et leurs points de vue sont présentés les uns après les autres, sans qu’ils ne semblent avoir de rapport entre eux. Tout ceci fait que je me suis sentie perdue tout le premier tiers du roman. J’ai même failli abandonné. Mais j’aime tellement la plume de Pevel, que je me suis accroché, et je ne le regrette pas, car la suite du roman en vaut le coup.

Passé ce premier tiers du roman, les connexions entre les personnages ont commencées à se faire et ont réveillé mon intérêt. Les personnages constituant les lames du cardinal se sont révélés à la hauteur, et leur caractère et leur camaraderie m’ont rappelé ce que je préfère dans les trois mousquetaires. Un très bon point donc ! J’ai notamment eu un faible pour Agnès, Marciac et Leprat. Je vous en dit pas plus, pour vous laisser la joie de les rencontrer.

L’intrigue, comme je l’ai dit plus haut, fait la part belle aux complots politiques, tout en nous offrant de belles références historiques, notamment la rivalité entre l’Espagne et la France qui existait à cette époque-là. Pierre Pevel a le don pour poser des univers et des atmosphère intéressants, c’est toujours le cas ici. Il nous offre une aventure mêlant conflit de pouvoir et ésotérisme, nous laissant palpitant sur les dernières pages.

Pour conclure, malgré un début un peu confus de par la pluralité des points de vue, cette histoire se révèle à la hauteur par la suite. Si vous souhaitez lire une aventure rocambolesque à la hauteur des écrits d’Alexandre Dumas, je vous conseille la lecture des Lames du Cardinal.

Dragon Age, l’empire masqué

Saga : Dragon Age, tome 4

Auteur : Patrick Weekes

Éditeur : Milady

Genre : Fantasy

Résumé : Un voyage dans les contrées les plus sinistres et mortelles d’Orlaïs, où la valeur au combat l’emporte sur les titres de noblesse.
L’Impératrice Célène d’Orlaïs a accédé au trône de la plus puissante nation de Thédas grâce à sa sagesse et à son esprit aiguisé, ainsi qu’à ses talents de manipulatrice sans scrupule. Désormais, l’empire qu’elle a mené jusqu’à l’âge des Lumières est menacé de l’intérieur par le conflit larvé opposant les templiers aux mages, tandis que la révolte gronde parmi les elfes opprimés. Pour sauver Orlaïs, Célène doit garder le pouvoir par tous les moyens.
Doté des facultés légendaires des chevaliers orlésiens, le grand-duc Gaspard a remporté d’innombrables victoires au nom de l’empire et de l’Impératrice. Mais avec l’échec du Cercle, le chaos semble imminent, et Gaspard doute que l’approche diplomatique de Célène suffise à garantir l’intégrité de l’empire. La grandeur d’Orlaïs est en jeu. Les temps exigent un nouveau dirigeant. Un guide ne jurant que par le code de la chevalerie.
Briala est au service de l’Impératrice depuis leur enfance. Confidente, espionne et amante de Célène, elle utilise subtilement sa position pour améliorer la condition des elfes d’Orlaïs. Mais lorsque les contingences politiques forcent l’Impératrice à choisir entre les droits des elfes et le trône, Briala doit prendre parti.
Dans cette histoire palpitante, campée dans l’univers du jeu primé dragon age™, les alliances et les serments se font et se défont au gré de la lutte acharnée à laquelle se livrent Célène et Gaspard. Néanmoins, quelle que soit l’issue de cette bataille, les elfes d’Orlaïs, qu’ils se tapissent dans les forêts ou croupissent dans les bas-fonds, pourraient bien décider du destin de l’empire masqué.

Mon avis

L’impératrice Célène règne sur son empire depuis une vingtaine d’années, aidée par sa servante Briala et son garde du corps, Ser Michel. Mais un conflit entre les Mages et les Templiers se profile à l’horizon et son trône est menacé par son adversaire, le duc Gaspard.

C’est ma première incursion dans l’univers de Dragon Age. J’ai aimé le voyage, même si j’ai été perdue dans ce vaste univers. C’est le plus grand reproche que je fais au roman. Il ne prend pas le temps d’expliciter les différentes facettes de cet univers à ceux qui ne connaissent pas les jeux. Pourtant, beaucoup d’approfondissements auraient pu être intéressants, notamment cette menace de conflit entre les mages et les templiers qui plane. Pour moi, c’est un coup d’épée dans l’eau car je ne connais rien de ces deux castes et donc des conséquences d’un tel conflit. Du coup, je me suis retrouvée avec une histoire moins intense que si j’avais eu toutes les clés en mains, et une intrigue somme toute assez banale. Du coup, je me suis un peu ennuyée pendant la première partie du roman.

J’ai tout de même apprécié ma lecture grâce à la galerie de personnages présentés et à leurs relations. Célène est une impératrice subtile. On se rend compte au fur et à mesure qu’elle a des failles et que son jeu n’est pas toujours sincère, comme va l’apprendre à ses dépends sa servante et amante Briala. J’ai eu un gros coup de cœur pour Briala. Cette jeune elfe m’a beaucoup touché. J’ai aimé ses réflexions sur le monde qui l’entoure et son évolution. D’ailleurs la condition du peuple elfe, élément sommes toutes central de ce roman, est ce que j’ai préféré. Il est plutôt rare de voir le peuple elfe en mauvaise posture, et ici réduit en esclavage par les humains. J’ai trouvé ce racisme ambiant très bien reconstruit, et il est difficile de ne pas se ranger du côté des elfes dans cette histoire.

Les personnages masculins ont un peu moins de profondeur (mis à part Félassan, le mentor elfe de Briala que j’ai adoré). Ce sont des chevaliers qui agissent selon leur honneur, plus ou moins bien placé. Ser Michel a un caractère intègre mais qui cache un passé troublant qui a des répercussions sur sa manière d’agir. Ses interrogations face à ses origines s’avèrent intéressantes. J’ai détesté le duc Gaspard dès le début, mais après tout, il est présenté comme le grand méchant, et au début, je l’ai trouvé un peu cliché. Et puis, au fil des chapitres il se dévoile, et je me suis rendue compte qu’il n’était pas vraiment différent de l’impératrice Célène au fond. J’ai aimé être bousculé sur ce que je pensais acquis au début du roman.

Pour conclure, Dragon Age : l’empire masqué est une lecture agréable. Le roman aurait pourtant gagné à être enrichi de quelques explications supplémentaires sur l’univers. Certes, les amateurs du jeu y auraient peut-être trouvé une redite, mais je pense tout de même qu’un plus juste milieu aurait pu être trouvé. Cela dit, l’histoire vaut le coup de par ses personnages et sa vision du peuple Elfe.

Du nouveau ! Du nouveau ! (TFSA #04)

Je sais, on n’est pas vendredi 😀 , mais j’ai envie de faire un petit retour en arrière sur ce TFSA du 19/08, à savoir celui concernant les nouveautés séries que j’attends avec le plus d’impatience. Attachez vos ceintures, c’est parti !

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Americanah

Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie

Éditeur : Gallimard

Genre : Contemporain

Résumé : Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

Mon avis

J’ai commencé ce livre suite à la chronique de Jupsy, du blog Encore un chapitre. J’ai suivi ses conseils avisés et je ne le regrette pas, bien que je ne suis pas certaine d’avoir aimé le roman autant qu’elle.

Mais commençons par le début. Dans le premier chapitre, nous faisons la connaissance d’Ifemelu, nigériane vivant aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années. Elle vient de fermer son blog qui marchait du feu de Dieu et a pris la décision de rentrer dans son pays natal : le Nigéria. Elle a également renoué avec son amour de jeunesse : Obinze, par le biais d’un simple sms. Alors qu’elle va se faire tresser les cheveux, c’est l’occasion de replonger dans ses souvenirs. Nous opérons un retour en arrière pour découvrir sa vie : ses jeunes années au Nigéria, son histoire d’amour avec Obinze, son arrivée aux U.S.A.

Toutes ces expériences nous dressent un portrait de ce qu’est la vie dans cette partie de l’Afrique actuellement. J’ai énormément appris, et déjà qu’inconsciemment, j’avais pas mal d’idées reçues en tête. Je pense que c’est l’un des buts de ce roman de nous mettre face à nous-même et il le fait avec brio.

Nous découvrons une galerie de personnages hauts en couleurs que j’ai beaucoup aimé. Même les personnages secondaires ne sont pas des coquilles vides. J’ai notamment adoré tante Uju, Obinze et sa mère. Obinze, le grand amour d’Ifemelu, m’a charmé par sa simplicité, mais aussi par ses doutes. Une partie du récit sera de son point de vue et nous permettra à moindre mesure de découvrir la vie d’un immigré en Angleterre.

Mais revenons à Ifemelu. En tant qu’étudiante, elle obtient une bourse pour aller étudier aux U.S.A. Son arrivée là-bas la trouble au plus profond d’elle-même. Sa vie ne sera pas de tout repos. Au bout de quelques temps, elle décide d’ouvrir un blog sur le racisme et sur ce que signifie être noir aux Etats-Unis. Le récit est émaillé d’articles de ce blog qui lui rajoute un plus.

La fin m’a plu. Elle n’est pas exceptionnelle, mais annonce comme un nouveau départ pour Obinze et Ifemelu.

J’ai appris énormément grâce à cette lecture. J’ai trouvé ce sujet passionnant, même si son traitement alourdit l’intrigue. J’ai ressenti quelques longueurs. A vrai dire, Americanah est pour moi à la frontière du roman et de l’essai. Mais je ne regrette pas ma lecture. Au contraire, je vous la conseille grandement.

The 100 – saison 3

Titre : The 100

Saison : 3

Genre : Drama, science-fiction

Créateur : Jason Rothenberg

Casting : Eliza Taylor, Bob Morley, Marie Avgeropoulos, Christopher Larkin…

Résumé : Pendant deux saisons, les réfugiés de The 100 envoyés sur Terre ont été en guerre. D’abord avec eux-mêmes, puis avec les Natifs, et enfin avec le Mont Weather. Beaucoup ont perdu la vie en chemin. Ils ont tous perdu leur innocence. Ils ont appris douloureusement que dans la bataille pour la survie, il n’y a ni héros, ni méchants. Il y a seulement les vivants et les morts. Mais maintenant la guerre est finie. La bataille contre le Mont Weather a été remportée. Les prisonniers sont rentrés chez eux dans un monde apparemment en paix, mais peuvent-ils, eux, trouver la paix après ce qu’ils ont fait pour s’échapper ? Et y a-t-il plus à la vie que la survie ?
Malheureusement, leur tout nouveau sens de la normalité sera de courte durée, et leurs vies seront changées pour toujours alors que des menaces, à la fois anciennes et nouvelles, testeront leurs loyautés, les pousseront au-delà de leurs limites, et les feront s’interroger sur ce que cela veut réellement dire d’être humain. D’abord, ils se sont battus pour survivre. Ensuite, ils se sont battus pour leurs amis. Maintenant, ils vont devoir se battre pour la race humaine.

Mon avis

Après les événements survenus au Mont Weather durant la saison 2, les membres du sky crew se sont réfugiés à Arkadia et se construisent une nouvelle vie. Kane fait tout pour que la paix avec les grounders perdure. Mais un nouveau clan hostile, le peuple des glaces, commence à faire parler de lui.

Clarke est aux abonnés absents et est recherchée par les grounders car elle est censée avoir de grands pouvoirs suite aux morts qu’elle a provoqué au Mont Weather.

Clarke la fugitive

Jaha et Murphy font la connaissance d’A.L.I.E.

Ces quatre intrigues évoluent en parallèle pendant quelques épisodes avant de se rejoindre.

Je ressors assez mitigée de cette saison. Les guéguerres entre grounders ne sont clairement pas les raisons pour lesquelles je regarde la série. J’ai d’ailleurs hésité à regarder cette saison 3. Mais vu qu’on m’a grandement conseillé de continuer, je me suis laissée tenter cet été.

L’intrigue des grounders est menée sans grande surprise, mais permet d’en apprendre plus sur le système politique terrien. Les personnages sont fidèles à eux-mêmes. Ils prennent des décisions discutables parfois, voire même souvent. Mais au fond, même si certains m’agacent, ça les rend crédibles et humains. J’ai tout de même trouvé que toutes ces histoires de rivalité de clans tournaient en rond toute la première moitié de saison.

Du côté du sky crew, on voit comment un peuple peut vite basculer dans l’intolérance quand il est face à l’insécurité. Le thème est bon, mais je l’ai trouvé pas suffisamment bien exploité. J’ai eu l’impression qu’on mettait trop le blâme sur le nouveau chef, certes antipathique, alors que s’il a été élu, une bonne partie du sky crew est à blâmer. Heureusement, les scénaristes se sont rattrapés en deuxième partie de saison.

L’intrigue qui pour moi était la plus prometteuse était celle sur la « city of lights« . Son traitement a plutôt bien commencé avec Jaha se plaçant en nouveau prophète, et Murphy sachant qu’A.L.I.E était l’I.A. responsable des attaques nucléaires. Malheureusement, la suite de l’intrigue m’a déçue. On traîne pendant trop d’épisodes, le temps qu’A.L.I.E ait sous sa coupe quasiment toute la population de la Terre, pour conclure en deux petits épisodes. On n’aura quasiment pas vu la « city of lights« . J’aurais pourtant aimé voir nos personnages lutter dans ce nouvel environnement qu’ils n’ont jamais connu, se demander ce qui est réel ou non. Ça aurait pu être intéressant. Tant pis pour moi.

Jaha, A.L.I.E et le nouveau chancelier, Pike

Encore une fois, c’est Clarke qui sauve tout le monde. On lui en demande beaucoup à cette petite, non :mrgreen: ?

Pour finir, cette saison a son lot de morts de personnages, souvent gratuites. J’ai vraiment trouvé que ça faisait trop, que c’était un effet de mode provoqué par Game of Thrones. Mais déjà que ça devient lassant dans GOT, c’est pire dans les autres séries. D’ailleurs, il y avait pas mal de clins d’œil / inspirations dans cette saison : Game of Thrones, l’exorciste, Battlestar Galactica…

En conclusion, c’est une saison qui se laisse regarder mais qui tourne vite en rond.

Le cercle de Farthing

Saga : Subtil changement, tome 1

Auteur : Jo Walton

Editeur : Denoël

Genre : Policier – Science-fiction

Résumé : Huit ans après que «la paix dans l’honneur» a été signée entre l’Angleterre et l’Allemagne, les membres du groupe de Farthing, à l’origine de l’éviction de Churchill et du traité qui a suivi, fin 1941, se réunissent au domaine Eversley pour le week-end. Bien qu’elle se soit mariée avec un Juif, ce qui lui vaut d’habitude d’être tenue à l’écart, Lucy Kahn, née Eversley, fait partie des invités. Les festivités sont vite interrompues par le meurtre de Sir James Thirkie, le principal artisan de la paix avec Adolf Hitler. Sur son cadavre a été laissée en évidence l’étoile jaune de David Kahn. Un meurtre a eu lieu à Farthing et un coupable tout désigné se trouvait sur les lieux du crime. Convaincue de l’innocence de son mari, Lucy trouvera dans le policier chargé de l’enquête, Peter Antony Carmichael, un allié. Mais pourront-ils ensemble infléchir la trajectoire d’un Empire britannique près de verser dans la folie et la haine?

Mon avis

Alors que je flânais à la médiathèque, j’ai tout de suite été intriguée par le résumé de ce roman. J’aime les uchronies, et même si le postulat « et si les nazis avaient gagné la seconde guerre mondiale ? » est le plus fréquemment utilisé, je suis toujours curieuse de voir comment l’idée est exploitée.

L’action se déroule en Angleterre à la fin des années 40, dans un univers où les Anglais, ayant démis Churchill du pouvoir, ont signé la paix avec Hitler en 1941. On se trouve donc dans un monde où le bloc européen est dominé par les Nazis, et une Angleterre toujours sous une monarchie parlementaire, avec dans le paysage politique le « cercle de Farthing« , regroupant des politiciens, plutôt aristocratiques, ayant signé cette fameuse paix avec Hitler.

Ça va ? Je ne vous ai pas perdu ? Rassurez-vous, cet aspect politique un peu dense est peu mis en avant au début du roman, et s’installe petit à petit.

On commence l’histoire avec le point de vue, à la première personne du singulier, de Lucy Kahn, fille du couple Eversley, membre du cercle de Farthing. En contradiction avec les idées conservatrices et antisémites de ses parents, elle a épousé par amour David Kahn, un banquier juif.

L’histoire débute alors que Lucy et son mari sont invités pour une réception dans la demeure des Eversley. Mais au petit matin, le corps sans vie de Sir James Thirkie est retrouvé dans sa chambre, baignant dans son sang, un poignard surmonté d’une étoile jaune plantée dans le corps. Tout pointe vers un complot juif.

Le second chapitre est du point de vue de l’inspecteur Carmichael, à la troisième personne du singulier, qui prend en charge l’enquête. Les chapitres alterneront ensuite les points de vue de ces deux personnages. Le changement de narration ne m’a pas dérangée ou perdue. Je m’y suis faite facilement.

Lors de son enquête, l’inspecteur Carmichael se rend compte qu’il y a beaucoup d’incohérences et que le coupable n’est probablement pas celui qu’on cherche à faire accuser. Il est déterminé à découvrir la vérité avant qu’un bouc-émissaire, à savoir David Kahn, ne soit mis derrière les barreaux.

Lucy de son côté, mène sa petite enquête en interne et va réaliser l’antisémitisme latent qui existe aussi en Angleterre. J’ai eu un peu peur avec ce personnage quand j’ai commencé ma lecture. Ses pensées partaient dans tous les sens, ce qui n’est pas forcément judicieux pour un premier chapitre. Mais ce défaut est très rapidement corrigé, et j’ai aimé découvrir le point de vue de Lucy sur toute cette histoire.

Au fil des pages, une atmosphère sombre et angoissante se met en place. On assiste aux mécanismes qui font basculer une démocratie vers un système totalitaire. On se rend compte à quel point c’est insidieux. Ça fait froid dans le dos !

Et on ne peut pas vraiment dire que l’histoire se termine bien. Mais comme c’est un premier tome, j’ose espérer que la fin de la trilogie est plus optimiste.

Différents thèmes sont traités ayant en commun l’intolérance : Antisémitisme, homophobie, manipulation de l’opinion… C’est un récit très riche, abordant de nombreux sujets, mais de manière fluide, distillés avec soin par l’auteur.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, et si de tels thèmes ne vous repoussent pas, je vous conseille vraiment de découvrir ce roman.

Pour ma part, je vais m’empresser d’emprunter le tome 2.

 

Les filles de Mr. Darcy

Auteur : Elizabeth Aston

Éditeur : Milady

Genre : Romance historique

Résumé : Vingt années après Orgueil et Préjugés, nous faisons la connaissance des cinq filles d’Elizabeth et Darcy. Alors que leurs parents sont en voyage à Constantinople, les demoiselles viennent passer quelques mois à Londres chez leur oncle Fitzwilliam. La découverte de la vie citadine, des plaisirs et des disgrâces qu’elle offre, associée au caractère fort différent de ces jeunes personnes, va mener à des aventures – et des amours – inattendues, dans un cadre particulièrement mondain, où de nombreux individus se côtoient. On retrouve avec plaisir certains personnages créés par Jane Austen.

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce livre. Je savais que je retrouverais l’ambiance d’Orgueil et préjugés, que j’avais apprécié, mais je ne savais pas si les personnages me plairaient. J’ai récemment été souvent déçue par les romances historiques.

Et finalement, le charme a eu lieu. Le style fluide de l’auteur m’a emporté. Son vocabulaire riche et pourtant accessible a fini de me convaincre et m’a donc assuré une lecture plaisante.

L’histoire, elle, n’a rien de bien original mais se laisse découvrir. J’ai redécouvert avec joie la vie aristocratique anglaise du 19ème siècle. J’ai trouvé qu’Elizabeth Aston apportait une critique juste de cette société où l’apparence et les convenances sont les maîtres mots. Cela dit, au fur et à mesures des pages, j’ai trouvé qu’elle reprenait le même discours et les mêmes idées que Jane Austen, ainsi que le même principe narratif (les scènes du point de vue des « comploteurs » n’étaient à mon sens pas nécessaire). Du coup, la fin du roman a fini par me lasser un peu.

Les personnages sont plaisants et agréables à suivre, mais là encore, leurs caractères ressemblent beaucoup à ceux d’Orgueil et préjugés. J’ai tout de même aimé suivre leurs aventures et leur réflexions, même si je n’étais peu ou pas surprise par les événements qui leur arrivaient. La romance principale du livre est peu mise en avant, je dirai même qu’elle se déroule en filigrane et que les deux personnages tombent amoureux l’un de l’autre sans s’en rendre compte, même si on devine l’issue de leur histoire dès leur rencontre.

Pour conclure, les Filles de Mr. Darcy est un ouvrage plaisant, mais qui ne révolutionne pas le genre. Les fans de Jane Austen risquent d’être déçus, sauf s’ils veulent simplement retrouver cet univers particulier. Pour ceux qui connaissent moins mais qui aiment les ouvrages historiques de ce genre, la magie peut opérer.

Oh la vache !

Auteur : David Duchovny

Éditeur : Grasset

Genre : Contemporain humoristique

Résumé : Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque. Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré – jusqu’au jour où elle comprend qu’elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l’abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion.

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman. Je me suis laissée tenter simplement en raison de l’auteur et du souvenir de ma passionaria X-files quand j’étais gamine. Au final, je n’ai pas été déçue car j’ai passé un excellent moment avec cette lecture !

Le style est frais et fluide. Les jeux de mots et les remarques quelques peu sarcastiques s’enchaînent. L’histoire est racontée du point de vue d’Emma la vache, et elle possède un ton très particulier qui me l’a rendu très attachante. Elle nous raconte son histoire de jeune vache adolescente, dont la meilleure amie commence à être sérieusement attirée par les taureaux. Sa vie à la ferme se passe tranquillement au rythme des traites. Jusqu’au jour où elle surprend une émission télévisée sur les abattoirs. Sa condition de vache la frappe durement à la découverte de cette réalité. Elle décide alors de partir en Inde, seul endroit où les vaches sont célébrées et respectées.

Elle rencontre un cochon qui veut partir en Israël (mieux vaut être haï que mangé) et une dinde (Turkey en anglais) qui veut partir en Turquie. Le voyage commence.

Le trio de personnage est savoureux, et ils ont tous leurs particularités qui les rendent uniques.

Cette fable est le prétexte pour une critique de notre société. Pourtant, elle est tout en douceur. Elle constate mais ne condamne pas. On comprend certaines choses, on se remet en question, sans pour autant se sentir sur le banc des accusés, ce qui est très appréciable.

Pour conclure, j’ai eu un coup de cœur pour cet OVNI littéraire, qui m’a agréablement changé de mes lectures habituelles.

Love will kill you (TFSA #02)

Et voici un nouveau TFSA, consacré cette fois-ci à mes couples maudits de séries TV préférés. Au niveau de la définition, j’ai choisi ceux qui n’ont pas (eu) une relation facile et/ou qui s’est mal terminée. C’est parti !

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