Le projet Isis – Chapitre 10

Commissariat d’East Point

Lania regardait Bergen sans faillir, bien qu’elle n’en menât pas large. Elle secoua ses longs cheveux blonds, dans une veine tentative de séduction. L’inspecteur la regardait toujours du même œil scrutateur. Lania ne disait rien. Elle ne parlerait pas. Ses amis comptaient sur elle et elle aurait été bien en peine de tout expliquer à Bergen. Celui-ci sembla s’impatienter.

— Vous êtes plutôt mal barrée vous savez. Vous feriez mieux de tout me dire, nous trouverons peut-être des circonstances atténuantes.

« Bien que j’en doute » ajouta-t-il en son for intérieur. Lania se contenta de le fixer. Florent soupira.

— Bien, passons sur cette question pour le moment. Qui sont vos co-équipiers ?

Lania haussa les épaules.

— Découvrez-le-vous même.

Florent serra les dents. Cette femme était bien plus coriace que ce qu’il pensait.

— Je finirai par les boucler, mais avec votre aide j’irais plus vite.

— Pourquoi vous aiderais-je ?

— Une réduction de peine, ça vous tente ?

Lania se contenta de sourire ironiquement.

— Parce que vous pouvez coffrer les inconnus non fichés ?

— Nous pouvons coffrer tous les criminels, fichés ou non, répondit-il d’un ton sec en la regardant dans les yeux.

— Et bien, coffrez-moi, mais je ne dirai rien.

— Réfléchissez. Je doute que vous soyez le cerveau de cette bande. Si vous me donnez son nom, je vous promets de tout faire pour que vous ayez une peine minimale, déclara-t-il en s’approchant d’elle.

Les traits de Lania se fermèrent et elle se mura dans le silence. Florent comprit qu’elle ne dirait rien de plus pour le moment.

— Bon, je vous laisse ici, pour… réfléchir. J’espère pour vous que vous serez plus coopérative quand je reviendrai.

Il ouvrit la porte et sortit laissant Lania seule face à elle-même. Quand il fut parti, Lania soupira profondément. Elle regarda autour d’elle. Elle n’aurait jamais cru en arriver là. Elle se sentait angoissée, bien qu’elle n’en montrât rien. Elle savait bien que ses compagnons tenteraient quelque chose pour la sortir de là, mais ça ne l’empêchait pas de s’inquiéter. Et dire qu’elle pensait que son premier interrogatoire serait un moment d’excitation intense.

Comme Bergen le lui avait conseillé, elle se mit à réfléchir, non pas au fait de tout lui révéler, mais à tout ce qui l’avait mené jusque-là. Elle se revit trois ans plus tôt, quand elle était encore une toute jeune fille de 13 ans habitant les beaux quartiers. Elle ne s’était jamais sentie à l’aise parmi les riches. Elle avait l’impression d’être prisonnière d’un carcan de bonnes manières. Elle avait fugué à 14 ans, et avait rejoint le plus vite possible les bas étages, et s’était retrouvé dans un petit bar miteux du 2ème étage. Elle se sentait quelque peu menacée, mais cependant libre, pour la première fois de sa vie. Elle aperçut une femme brune, d’une trentaine d’années au bar. Cette dernière riait à gorge déployée en compagnie d’un homme. Lania était fascinée par cette femme, qui donnait l’impression de se ficher des apparences. Puis la femme et l’homme s’éclipsèrent. Lania les suivit jusqu’à un hôtel. Elle attendit deux heures à l’extérieur, ne sachant que faire de toute façon. Puis, la femme ressortit, seule, un portefeuille à la main, qu’elle rangea dans la poche droite de son long manteau en cuir. Lania se mit de nouveau à la suivre. La femme se rendit compte soudain de sa présence. Elle ralentit quelque peu le rythme, puis se jeta sur elle et la plaqua contre le mur. Elle lui plaqua une lame sous la gorge.

— Qui es-tu ? Pourquoi tu me suis ?

Lania bredouilla :

— Rien…Je…je suis perdue. Je n’ai nulle part où dormir.

La femme la fixa intensément. Puis sembla juger qu’elle n’avait rien à craindre. Elle lâcha Lania et rangea sa lame.

— Comme la plupart des habitants du quartier, fit-elle en conclusion de la phrase de Lania. Et pourquoi crois-tu que j’ai un endroit où t’héberger ?

— Je n’en n’ai aucune idée. C’est juste que j’aime votre façon d’agir.

— Ah oui ? fit-elle d’un air étonné.

Elle réfléchit quelques minutes en l’étudiant puis déclara :

— Bon, j’ai peut-être un endroit pour toi, mais il faudra que tu participes.

— Participer à quoi ?

Elle leva les yeux au ciel.

— Au boulot ! Mais tu sors d’où, toi ?

Lania ne répondit pas. La femme reprit :

— Je m’appelle Prisca Johnson. Et toi ?

— Lania. Lania Miris.

Prisca l’avait alors conduite jusqu’au loft des Absinthes noires. Sergueï l’avait d’abord accueillie d’une moue peu convaincue, mais vu qu’une chambre était libre, il l’avait acceptée, le temps qu’elle fasse ses preuves, et elle les avait faites.

Lania sourit en se remémorant ce souvenir. Sa vie avait pris un tout autre tournant cette nuit-là, et elle en était heureuse. Elle ne s’était jamais autant amusée avant ce jour-là. Elle n’avait jamais révélé aux autres ses origines. Elle n’imaginait que trop leur réaction si jamais ils l’apprenaient.

Elle soupira à nouveau, en essayant de délasser ses poignets menottés.

…oooOOOooo…

Loft – 8h00

Toute la bande était réunie dans le séjour pour réfléchir au moyen de libérer Lania. Dans la nuit, Acacia leur avait ordonné de se reposer. Bien qu’ils aient riposté, le sommeil avait eu raison de leur volonté.

Ils étaient tous assis autour de la table, des cernes sous les yeux, et l’air préoccupé.

— Il faut à tout prix qu’on la sorte de là. Vous avez des propositions ? demanda Sergueï.

Un silence lui répondit.

— C’est tout ? s’impatienta-t-il.

— Mise à part attaquer le commissariat, proposa Matt, je ne vois rien d’autre.

Sergueï acquiesça.

— Moi non plus. Nous allons-nous faire passer pour des flics et irons la chercher pour un transfert. Ainsi nous la ferons sortir sans problème.

— Bonne idée, approuva Jared.

Acacia les regardait en secouant la tête d’un air amusé. Sergueï se tourna vers elle.

— Tu as un problème ?

— Vous n’avez vraiment pas beaucoup d’imagination… Ce plan ne marchera pas, Bergen a une piste, il ne la lâchera pas comme ça. Il faut un plan plus subtil.

— Tu as une idée ?

Elle acquiesça.

…oooOOOooo…

Commissariat d’East Point – 11h

Florent observait attentivement Lania à travers la vitre sans teint. Elle était toujours aussi stoïque que quand il l’avait laissé. Il s’énervait à force de réfléchir, que pouvait-elle bien cacher ? Qui étaient ces mystérieux voleurs non fichés, à chaque fois différent selon les hold-up ? Florent était convaincu que tout était lié. Mais de quelle manière, il l’ignorait encore. Cela dit, il tenait une piste, et il aurait tout le temps de la remonter. Il entendit frapper à la porte.

— Entrez.

Un jeune officier entra et se dirigea vers lui. Florent l’interrogea du regard. L’officier toussota et déclara.

— J’ai une mauvaise nouvelle. Le groupe du casse de cette nuit a pris un otage. Ils réclament la liberté de leur collègue contre celle de l’otage.

— Nom de Dieu !

Il s’énerva et envoya son poing contre la vitre. Celle-ci trembla sous l’impact. Dans la salle d’interrogatoire, Lania releva les yeux, surprise. Florent se reprit.

— Comment l’avez-vous appris ?

— Deux de mes informateurs du deuxième étage me l’ont révélé.

— Ils connaissent les ravisseurs ?

— Ils n’ont jamais entendu parler d’eux.

— Bien évidemment.

Ils entendirent soudain des pas précipités arriver en leur direction. Un officier affolé arriva.

— Venez vite, ils nous ont envoyé une vidéo.

Les deux hommes coururent à sa suite dans les couloirs.

— Comment l’ont-ils envoyé ?

— Ils nous l’ont balancé par la vitre. Ce qui explique l’affolement.

Les trois hommes arrivèrent dans un vaste bureau où plusieurs policiers travaillaient. Un petit attroupement s’était créé autour du DVD contenant le fichier vidéo. Florent s’approcha.

— Vous l’avez visionné ? demanda-t-il.

— Pas encore.

— Alors allons-y.

Il inséra le DVD dans l’ordinateur. Le fichier vidéo s’ouvrit. Ils découvrirent une pièce sombre aux murs marron. Seul un néon éclairait la pièce d’une lueur blafarde. Au premier plan, un homme cagoulé cachait ce qu’il y avait derrière lui. Il déclara d’une voix modifiée, qui avait des consonances électroniques :

— Vous avez cette nuit emprisonné l’une des nôtres lors du braquage de la bijouterie « Or et joyaux ». Nous avons pris un otage en contrepartie.

L’homme s’éloigna de l’objectif. Derrière lui se tenaient deux autres hommes et une femme armés et cagoulés. Au sol, une femme blonde était ligotée et bâillonnée. Ses cheveux lui retombaient sur le visage. Le premier homme se saisit d’elle violemment et la montra à la caméra. Elle poussa un cri de terreur.

Les yeux de Florent s’agrandirent d’effroi quand il reconnut l’otage. Il dut s’asseoir.

— Amy… murmura-t-il.

L’homme de la vidéo continuait.

— Si vous voulez la revoir vivante, prenez contact avec nous avant minuit au 555-9547. Vous pensez bien que la ligne est sécurisée.

Il jeta brusquement la femme au sol. Les muscles de Florent se contractèrent de colère. L’homme se retourna vers la caméra et conseilla :

— Ne tardez pas.

La vidéo se terminait ainsi. Un silence s’installa. Florent se prit la tête dans ses mains. Un officier finit par demander :

— Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Florent releva la tête.

— Laissez-moi réfléchir quelques instants.

…oooOOOooo…

Quelque part dans North Point

Sergueï, Matt, Sabine et Enzo était dans un entrepôt abandonné du 1° étage. Prisca, toujours en Amy, se massait le menton.

— Tu étais vraiment obligé de me frapper, Enzo ?

— Désolé, c’était pour rendre la vidéo plus crédible.

— Vous pensez que Jared la leur a envoyée maintenant ? les interrompit Sabine.

— Vu l’heure oui, confirma Sergueï.

Il observa Prisca, puis secoua la tête.

— Acacia a vraiment des idées étranges.

— Je ne te le fais pas dire, murmura Prisca en se massant maintenant les poignets. Je déteste jouer les otages.

— Heureusement pour nous que tu es bonne comédienne, fit Enzo.

Elle haussa les épaules.

— Vous pensez qu’il va marcher ? demanda Matt.

— Si j’en crois ce qu’il m’a dit hier, il va courir, déclara Prisca.

— Que t’a-t-il dit ?

Elle hésita avant de répondre.

— Qu’il m’aimait.

Ses amis la regardèrent d’un air surpris et amusé. Elle s’énerva :

— Arrêtez de me regarder comme ça !

— Tu as raison, il va courir, conclut Sergueï en détournant le visage pour cacher son sourire.

Enzo s’approcha de Prisca.

— Alors comme ça, Bergen t’aime, hein ?

Elle le fusilla du regard.

— Arrête Enzo.

Il éclata de rire. Elle se jeta sur lui pour l’étrangler et le fit tomber au sol. Cela ne le fit pas s’arrêter de rire pour autant. Elle enserra un peu plus ses mains sur son cou.

— Tu arrêtes.

Il se calma quelque peu, et fit d’une voix rauque.

— Tu sais que tu m’excites quand tu es comme ça ?

Elle le regarda d’un air excédé puis se releva en soupirant.

— Tu ne changeras jamais…

La sonnerie du téléphone les interrompit. Sergueï sortit le téléphone portable qu’Acacia lui avait donné et sur lequel Bergen devait l’appeler.

— Il court, constata-t-il.

Il tendit le téléphone à Enzo. Ce dernier brancha son modificateur de voix et décrocha.

— Inspecteur Bergen, je présume ?

— Qui êtes-vous ?

— Vous me croyez assez naïf pour vous répondre ?

— Qui ne tente rien n’a rien.

— Voilà bien une philosophie de voleur, Inspecteur.

— Que voulez-vous ? fit-il d’une voix plus dure.

— Vous n’avez pas bien compris l’enregistrement ? Nous voulons la libération de notre coéquipière. En échange nous vous rendrons notre otage.

— Vous savez, j’ai coffrez plusieurs personnes cette nuit, il faudrait que vous me donniez son nom.

— Ne jouez pas au plus malin avec nous. Vous savez de qui je parle. Si vous tenez à revoir Melle Amy Barkin vivante, obéissez.

— Comment va-t-elle ?

— Bien pour le moment. Elle est très jolie vous savez, ajouta-t-il en caressant la joue de Prisca. Si jamais vous nous faisiez une entourloupe, je ne sais pas trop ce qu’il pourrait se passer.

— Si vous la touchez, je vous tue.

— Vous n’êtes pas vraiment en position de proférer des menaces.

Il entendit Bergen soupirer.

— Très bien. Quand voulez-vous procéder à l’échange ?

— À minuit. Sur le pont Gagarine. Soyez à l’heure.

— Nous y serons.

Enzo raccrocha puis sourit à ses compagnons.

— Il est vraiment con ce type. Il marche tout le temps.

— Tu pourrais débrancher ce truc ? demanda Sabine.

— Pardon.

Il débrancha le modificateur de voix. Sergueï ordonna :

— C’est fini pour le moment. Prisca, tu peux retrouver ton apparence. Vous avez l’après-midi, on se retrouve au loft à 21 heures.

Ils acquiescèrent et sortirent du repère. Sergueï resta seul dans l’obscurité. Il s’inquiétait énormément pour Lania, plus qu’il ne l’avait jamais fait pour les autres. Il ne savait si elle résisterait longtemps. Elle était têtue, sans aucun doute, mais affichait parfois une superficialité qui lui faisait peur. Et elle était encore si jeune. Il se demandait parfois si elle réalisait les dangers qu’ils courraient à faire ce métier. Les autres avaient commencé au même âge, ou presque, mais ils avaient tous une triste connaissance de la rue. Il soupira en sortant du taudis. Lania serait de nouveau libre, et il serait peut-être temps d’avoir une sérieuse discussion avec elle.

…oooOOOooo…

Rues d’East Point – 16h

Sabine avait passé l’après-midi à se promener et à réfléchir. Les derniers évènements ne lui avaient pas laissé beaucoup de répit. Elle repensa à la capture de Lania, puis à sa dispute avec son frère. Elle n’arrivait toujours pas à croire à sa menace. À chaque fois qu’ils parlaient de leurs parents, c’était la même chose. Il leur vouait une telle haine ! Elle ne savait pas ce qu’il s’était passé pour qu’il en soit ainsi. Elle repensa à son enfance. Elle avait à peine deux ans quand son frère avait quitté la maison. Son souvenir avait quasiment été effacé du foyer. Elle avait grandi dans l’ombre de ce frère qu’on évoquait toujours à mi-mots et qui était parfois à l’origine de disputes entre ses parents. Mais Sabine avait été entourée d’affection. Ses parents étaient toujours là pour elle. Si bien qu’à l’adolescence, cette présence se mit à l’étouffer. Elle se prit alors de curiosité pour ce frère renié par ses parents. Elle fit de longues recherches pour le retrouver. Elle y réussit alors qu’elle venait d’avoir 19 ans. Elle prit contact avec lui. Il avait eu l’air surpris en la voyant mais au fur et à mesure s’était attaché à elle. Ils eurent de longues discussions, et il réussit peu à peu à la convaincre de le rejoindre. Elle avait quitté la maison à l’aube de ses vingt ans en cambriolant ses parents.

Mais contrairement à son frère, elle les aimait toujours, et s’en voulait de les avoir quittés comme ça.

Elle ne voulait pas leur mort, la menace de son frère l’avait révoltée. Elle avait envie de les revoir. Après tout, il n’y avait aucune chance que son frère le sache. Elle se cacha dans l’ombre d’une porte cochère et prit l’apparence d’Agata. Elle se dirigea vers son appartement. Quand elle arriva sur le pas de la porte, elle aperçut deux policiers sur le seuil de ses parents. La porte demeurait fermée pendant que l’un des policiers frappait. Sabine les regarda en fronçant les sourcils. L’un des policiers la vit et s’approcha d’elle.

— Bonjour. Lieutenant Anderson. Vous habitez ici ?

— Oui.

— Vous connaissez Maxime et Sonia Honey ?

— Quelque peu, oui. Nous entretenons des relations de bon voisinage.

— Vous savez s’ils ont de la famille ?

— Pas à ma connaissance.

Le lieutenant fit un signe de négation à son collègue qui arrêta de frapper et le rejoignit. Sabine se sentait angoissée. Elle demanda :

— Il y a un problème ?

Anderson la regarda d’un air désolé.

— Le couple Honey a eu un accident de voiture. Ils se sont encastrés dans un pylône. L’aéromobile a explosé sur le coup. Je suis désolé.

Sabine mit la main devant sa bouche, horrifiée.

— Ils sont morts ? murmura-t-elle.

— Nous n’avons retrouvé aucun corps. Mais personne ne peut survivre à un accident pareil.

Sabine hocha la tête puis baissa les yeux pour ne pas montrer la fureur qui envahissait son regard. Le lieutenant reprit :

— Désolé de vous l’apprendre ainsi. Si jamais nous avons d’autres informations, nous vous les fournirons.

— Merci.

— Bien. Au revoir.

Lui et son collègue reculèrent et s’éloignèrent dans l’escalier. Sabine releva un regard rageur. Elle attendit quelques instants que les policiers soient partis puis se mit à courir pour rejoindre le loft. Elle rechangea discrètement d’apparence dans un coin sombre puis reprit sa route.

Elle ouvrit violemment la porte quand elle arriva. Prisca, qui était tranquillement assise dans le canapé, releva la tête vers elle, surprise. Sabine rugit :

— Où est Matt ?

Prisca lui désigna la chambre de son frère d’un mouvement de tête. Sabine s’y dirigea en furie et ouvrit la porte aussi brusquement que la porte d’entrée. Matt se leva de stupeur de son siège quand il vit sa sœur, puis lui demanda :

— Qu’est- qu’il te prend ? Tu es folle ?

— Pourquoi tu as fait ça ?

— Pourquoi j’ai fait quoi ?

— Tu sais très bien ce que je veux dire ! Je ne pensais pas que tu mettrais ta menace à exécution.

Il la regardait sans comprendre.

— De quoi tu me parles ? Quelle menace ?

Il comprit soudain.

— Les parents ? Ils sont morts ?

— Ne me dis pas que tu n’es pas au courant ! Tu as trafiqué leur voiture pour qu’ils aient un accident ! Tu les as tués.

— Sabine, je t’assure que je n’ai rien fait. Je n’y suis pour rien.

— C’est ça, tu veux me faire croire qu’ils ont eu un accident le lendemain même du jour où tu as menacé de les tuer ?

Il la regarda, concerné.

— Il faut croire que oui.

Il plongea son regard dans le sien.

— Sabine, je t’assure que je n’y suis pour rien. Tu crois que je te mentirais ?

Elle le regarda, hésitante.

— Tu… tu me le promets ?

— Je te le promets.

Elle se blottit contre lui.

— Oh Matt, je n’arrive pas à croire qu’ils soient morts.

Il la serra contre lui pour la soutenir, bien qu’il ne partageât pas sa tristesse. Il trouvait la coïncidence de la mort de ses parents étrange, mais ne voyait vraiment pas ce qui avait pu se passer. Il valait mieux pour tout le monde que ce soit un accident.

…oooOOOooo…

Acacia était sur le balcon et regardait le sol en souriant malicieusement. Elle avait bien sûr entendu les éclats de voix de Matt et Sabine. Le loft entier les avait entendus. Son sourire s’agrandit. Son plan fonctionnait. Elle avait bien fait de trafiquer cette voiture. Maintenant Sabine resterait malgré tout. Elle ne pouvait prendre le risque que Sabine, comme tout autre d’ailleurs, quitte le groupe. Ses parents représentaient une menace qu’elle avait été heureuse d’éliminer. Désormais tout fonctionnerait comme sur des roulettes.

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