Le projet Isis – Chapitre 11

Commissariat d’East Point

Florent était à nouveau devant la vitre sans teint et réfléchissait, les bras contractés agrippant les bords de la table. Pour une fois qu’il avait un petit indice, il fallait que la malchance s’en mêle ! Il releva les yeux vers sa prisonnière. Sa piste contre Amy, le choix était vite fait. Il avait réfléchi seulement quelques minutes avant d’appeler les ravisseurs. Amy n’avait pas mérité d’être mêlée à ça, il devait la sortir de là le plus tôt possible, et tant pis pour l’enquête. Il aurait sans doute une autre chance.

Il se redressa et regarda Lania d’un air décidé. S’il devait la relâcher, il essaierait d’en tirer le plus de réponses possibles avant minuit. Il sortit de la salle pour rejoindre la salle d’interrogatoire. Il ouvrit la porte et entra en lançant un regard sombre à sa prisonnière.

— Vous avez eu assez de temps pour réfléchir ?

Il s’assit en face d’elle.

— Oui, j’ai décidé de m’acheter des chaussures bleues quand je sortirai. Finalement c’est bien la couleur qui me va le mieux.

Florent se pencha vers elle, menaçant.

— Ne faîtes pas la maligne, ça ne marche pas avec moi.

Lania fixa son regard dans le sien. Elle remarqua alors le changement par rapport au matin même. Il était beaucoup plus haineux et révolté. Elle se demanda ce qui avait pu provoquer cette évolution. Ses amis, sans doute.

— Dîtes-moi pour qui vous travaillez ?

Lania se contenta d’affronter son regard, sans dire mot. Florent s’impatienta :

— Je suis prêt à tout pour vous faire parler.

— À tout, vraiment ? s’étonna Lania avec sarcasme.

Florent se recula vivement sur cette phrase, brusquement troublé. Était-il vraiment prêt à tout ? Il avait mené de nombreux interrogatoire, frappant parfois les interpellés, mais il ne s’était jamais montré violent envers une femme. Il ne le pouvait pas, ses principes le lui interdisaient. Et cela même si la femme en question était complice de ceux qui avaient enlevé Amy. Il comprit alors qu’il n’arriverait rien à en tirer. Elle se tairait jusqu’au bout.

Il se leva rageusement et sortit de la pièce d’un pas furieux sous le sourire amusé de Lania.

…oooOOOooo…

Palais présidentiel

Enzo, ayant mis son déguisement de Nicolas, arriva à la porte du bureau présidentiel. Il avait longtemps hésité avant de se représenter, les souvenirs de l’avant-veille le hantant, puis finalement avait décidé de glaner le maximum d’informations sur le projet Isis. Il arriva devant la porte du bureau du président et frappa. La voix de Jérôme lui répondit :

— Entrez !

Enzo obtempéra. Le président était confortablement assis derrière son bureau. Il eut l’air quelque peu soulagé en voyant Nicolas.

— Ah, Nicolas, vous voilà ! J’ai été surpris de ne pas vous voir hier.

— Excusez-moi, monsieur le président, j’avais besoin de réfléchir.

— Je comprends. Vous vouliez me voir ?

— Oui. Je peux m’asseoir ?

— Je vous en prie.

Enzo s’assit et prit sa respiration avant de déclarer :

— J’ai changé d’avis.

— À quel propos ?

— Du projet « Isis ».

Jérôme le regarda, étonné, puis révéla :

— Je suis heureux de vous l’entendre dire.

— Oui, vous aviez raison, ce projet sera un bienfait pour Mars. Mais j’aimerais une faveur.

— Je vous écoute ?

— J’aimerais prendre part entièrement à ce projet. Avoir le plus d’informations possibles sur son développement. Qui sait ? Je pourrais peut-être aider.

Le président l’observa attentivement.

— C’est une bonne idée effectivement. Je n’aime pas trop le manque de transparence que Biogénic a envers nous. Je vais en parler à Mademoiselle Tylo.

— Merci, monsieur le président.

…oooOOOooo…

Pont Gagarine – 23h55

Florent se tenait au volant d’une voiture banalisée. À la place du mort se tenait sa prisonnière, solidement menottée à la portière. Ils étaient garés sur une des plates-formes du pont Gagarine. Ce pont, situé au dixième étage de North Point, avait été l’un des premiers construits. Aujourd’hui, les plates-formes commençaient à subir l’usure du temps, des tâches de rouille apparaissaient par endroit.

Florent regardait droit devant lui, la mâchoire contractée. Lania lui jeta un coup d’œil. Elle se posait des questions sur la raison de leur présence ici. Il ne lui avait pas dit un mot depuis qu’il était venu la chercher, une heure auparavant.

Soudain un van arriva en face d’eux et s’arrêta à une vingtaine de mètres, les éclairant de leur phare. Florent murmura d’une voix dure :

— Ne croyez pas que vous allez vous en sortir comme ça. Je ferai tout pour vous mettre sous les verrous, vos amis et vous.

Deux hommes cagoulés sortirent du van et avancèrent d’une dizaine de mètres. Florent soupira et sortit à son tour. Il fit le tour de la voiture et fit sortir Lania. Il la tint fermement et la fit avancer. Il avait bien sûr planqué son arme dans sa poche, au cas où ça tournerait mal. Ils arrivèrent auprès des deux hommes. Florent demanda aussitôt :

— Où est-elle ?

— Relâchez votre prisonnière et nous vous le dirons, dit la même voix modifiée qu’il avait entendu le matin même.

— Je veux la voir d’abord.

Les deux hommes échangèrent un regard, puis celui qui semblait être le leader prit sa radio :

— Amenez la fille.

La porte du van s’ouvrit alors et un troisième homme en sortit. Il tenait fermement Amy. Cette dernière était fermement ligotée et bâillonnée. Florent sentit à la fois l’inquiétude et le soulagement le gagner quand il la vit. Il ne devait pas se déconcentrer, rien n’était encore fini.

Ils arrivèrent à leur hauteur. Le leader reprit :

— Détachez votre prisonnière.

— Faîtes la même chose en même temps.

Après une hésitation, le leader acquiesça. Florent enleva alors les menottes de Lania. Elle lui sourit victorieusement en se massant les poignets et rejoignit ses amis.

— Je vous retrouverai, souffla Florent entre ses dents.

— L’espoir fait vivre, fit le leader.

L’homme qui tenait Amy la jeta violemment contre Florent, puis le groupe prit la fuite en vitesse. Ils montèrent dans le van et s’éclipsèrent aussitôt.

Florent réceptionna Amy dans ses bras. Elle tremblait. Elle releva un regard terrifié vers lui. Il murmura en lui caressant les cheveux :

— Chut, c’est fini, je suis là. Attends, je vais t’enlever ça.

Il retira le scotch qui lui barrait la bouche d’un coup sec. Elle ne put retenir un cri de douleur. Il prit un air contrit.

— Je suis désolé.

Elle se blottit contre son épaule. Il comprit qu’elle sanglotait doucement. Il la serra plus tendrement et la berça. Il s’enquit :

— Ils… Ils ne t’ont rien fait ?

Elle releva la tête pour le regarder et sécha ses larmes.

— Non, heureusement.

Elle lui caressa la joue.

— Merci de m’avoir libéré.

Il fit un léger sourire. Elle murmura :

— Je t’aime.

Il plongea son regard dans le sien, soulagé de l’avoir près de lui saine et sauve, se pencha vers elle et l’embrassa tendrement.

…oooOOOooo…

Dans le van, Lania retrouvait peu à peu son apparence. Autour d’elle, Matt, Sergueï et Enzo avaient retiré leur cagoule. Sergueï observa Lania et lui demanda :

— Comment te sens-tu ?

— Ça va, affirma-t-elle en souriant.

— Et l’interrogatoire ?

— Je n’ai rien dit. Bergen est un idiot, il n’ose pas frapper une femme.

— Il ne t’a pas vu avec ta véritable apparence ?

— Tu me prends pour une idiote ? Bien sûr que non, je n’ai pas changé d’apparence.

— Bien, très bien.

Il sourit.

— Je suis heureux de te revoir parmi nous.

Elle lui rendit son sourire, puis demanda :

— D’où vous est venue cette idée pour Amy ?

— Acacia, répondit Matt.

— J’adore ce plan. Ce poulet se fait plumer en beauté.

— Comme tu dis, oui, fit Sergueï en se levant pour rejoindre l’avant de l’appareil.

…oooOOOooo…

Commissariat d’East Point – 30 minutes plus tard.

Prisca en Amy était assise à un bureau de l’accueil du commissariat. En face d’elle, Florent la regardait d’un air concerné.

— Je suis désolé de t’emmener ici, mais tu devrais porter plainte.

— Mais contre qui ? Nous ignorons qui ils sont !

Il acquiesça en baissant les yeux.

— Je sais. Mais il me faudrait tous les détails dont tu pourrais te rappeler. Avec ça, je les coincerai plus vite, et nous n’aurons plus rien à craindre.

Elle le fixa longuement, hésitante.

— Je ne vais pas t’être d’une grande aide. Je ne les ai pas vus, ils ont porté des cagoules tout le long.

— As-tu entendu un ou des noms quand ils parlaient devant toi ?

Elle hocha la tête négativement. Florent soupira.

— Je suis désolée.

Il releva la tête, surpris.

— Ne le sois pas, tu n’y es pour rien. C’est moi, j’aurais dû mieux te protéger.

— Tu ne pouvais pas savoir.

Il acquiesça.

— Est-ce que tu connais l’endroit où ils t’ont retenue ?

— Non, Ils m’avaient mis un foulard devant les yeux pour m’y emmener et m’en sortir.

— Ils sont prudents, ces salauds !

« Tu n’as pas idée. », pensa Prisca.

— Tant pis pour moi, poursuivit-il.

— J’aurais aimé pouvoir t’aider plus que ça.

Il lui sourit tendrement puis il pencha la tête et grogna :

— Il faut que je trouve une piste !

Prisca l’observa un moment, intérieurement amusée, puis porta son regard sur les alentours. C’était bien la première fois qu’elle pouvait étudier un commissariat aussi calmement. Il était calme à cette heure de la nuit. Trois rangées de trois bureaux étaient installées dans la pièce. Sur les murs étaient suspendus des tableaux de liège où un grand nombre de feuilles et de photos était accroché. La respiration de Prisca se bloqua quand elle reconnut, au milieu d’une dizaine d’autres photos, la photo de Lania sur le mur. Elle la fixa d’un air stupéfait. C’était bien Lania, telle qu’elle l’avait vu la première fois : les mêmes cheveux châtains arrivant à la taille, la même moue dédaigneuse. Comment une photo de Lania avait-elle pu arriver là ?

Elle reporta son regard sur Florent. Il fixait toujours la table, perdu dans ses réflexions. Elle se leva et s’approcha du tableau. Elle le détailla en entier, pour ne pas donner l’impression de s’intéresser à un détail particulier. Florent la suivit des yeux.

— Qu’est-ce que tu fais ?

— Je visite. J’aime savoir où tu travailles.

Il lui sourit.

— Qu’est-ce que c’est ? dit-elle en désignant le tableau.

— Un tableau d’affichage, expliqua-t-il en la rejoignant.

Il l’enserra dans ses bras. Tous deux regardaient le tableau.

— C’est ici que nous affichons tous les éléments que nous trouvons pour une enquête, sans oublier les portraits robots. Tu as déjà vu des films policiers ?

Elle acquiesça.

— Et bien c’est pareil, ou presque.

— Et cette partie, ce sont des portraits robots aussi ? demanda-t-elle en montrant l’endroit où se trouvait la photo de Lania.

— Ici ? Oh non. Ce sont les photos des enfants disparus.

— Disparus ?

— Oui, fugue ou enlèvement, malheureusement pour ceux-là, la réponse n’a jamais été apportée. On ne les a pas retrouvés.

Prisca acquiesça. Elle se dégagea et prit la photo de Lania innocemment.

— Elle a l’air si jeune, déclara-t-elle.

— Elle avait 14 ans sur cette photo, mais ça fait plus de deux ans qu’elle a disparu.

— Et vous n’avez rien trouvé ?

— Non. Nous gardons tout de même la photo. Ses parents sont des pontes de la haute société. Ils nous relancent toutes les semaines pour savoir si nous avons des nouvelles. Ils font ça dans tous les commissariats.

— Des pontes de la haute société ? répéta Prisca.

Elle n’en revenait pas. Lania était une gosse de riche. Elle avait l’impression d’avoir été trahie. Elle essaya de ne rien montrer de son trouble. Florent acquiesça.

— Oui, c’est mademoiselle Helena De Maraudeau. Mais pourquoi t’intéresses-tu à ça ?

— C’est juste que c’est triste que des enfants disparaissent comme ça.

— Tu as raison, malheureusement, ça arrive. Tu ne devrais pas penser à ça. Tu as déjà connu assez d’épreuves aujourd’hui.

Elle lui sourit et se blottit à nouveau dans ses bras.

— J’aimerais rentrer. Tu me ramènes ?

— Bien sûr, tu as besoin de repos.

Il lui prit la photo des mains et la réaccrocha sur le tableau.

…oooOOOooo…

Loft – 9h30

Prisca entra en trombe dans le loft, soulevant les regards surpris de Sergueï, Sabine, Jared et Matt. Prisca se dirigea vers Sergueï d’un pas décidé.

— Qu’est-ce qu’il t’arrive ? lui demanda-t-il.

— Nous devons tous nous réunir d’urgences.

— Que se passe-t-il ? s’enquit Matt en s’approchant.

— Je ne dirai rien avant la réunion.

Sergueï fronça les sourcils.

— Ça a encore à voir avec Bergen ?

— Réunis tout le monde, répéta Prisca.

Il acquiesça et partit chercher Enzo, Acacia et Lania. Matt se pencha vers Prisca :

— Bergen a tout deviné, c’est ça ?

Elle leva les yeux au ciel.

— Bien sûr que non ! Si c’était le cas, on serait déjà tous sous les verrous.

Matt se recula, vexé. Le reste de la bande arriva dans le séjour. Ils se mirent en cercle.

— Que se passe-t-il ? demanda Enzo en regardant Sergueï.

— Demande à Prisca.

Enzo se retourna vers elle. Cette dernière fixait Lania en silence. La jeune fille commença à se sentir mal à l’aise. Acacia s’impatienta :

— Prisca ! Tu pourrais peut-être nous dire ce que tu veux ?

Prisca cessa de fixer Lania et regarda ses camarades.

— Je voulais vous présenter une jeune femme dont j’ai fait la connaissance cette nuit. Elle s’appelle Helena de Maraudeau.

À ce nom, Lania baissa la tête vers ses chaussures et rougit de honte et d’angoisse. Les autres n’avaient pas remarqué son trouble tout occupé qu’ils étaient à observer Prisca.

— Tu as rencontré une richarde, toi ? Et où est-elle ? demanda Sergueï.

— Ici même.

Ils regardèrent tous autour d’eux, étonnés. Prisca fixait Lania qui fixait le bout de ses chaussures. Sergueï les remarqua soudain et vit l’attitude de Lania.

— Lania ? Il y a un problème ?

Tous les regards convergèrent vers elle. Elle releva alors les yeux et croisa le regard de Prisca. Elle n’y lut que déception et mépris.

— Vous pourriez nous expliquer, je suis un peu perdu, déclara Jared.

Lania toussota et annonça d’une voix quelque peu tremblante :

— Je suis Helena de Maraudeau.

Six regards effarés la fixèrent. Un long silence s’installa. Matt se jeta soudain sur elle et lui enserra la gorge.

— Traîtresse ! J’ai toujours su que t’étais pas nette !

Sergueï se mêla à la bataille et les sépara.

— Arrête, Matt. Laisse-la s’expliquer.

Tous la regardèrent d’un air scrutateur et sans appel. Ce qu’elle avait toujours craint s’était produit. Elle soupira.

— C’est vrai, je suis une fille de riche, mais j’ai toujours été en désaccord avec eux. Je ne supportais pas leur façon d’être et de se comporter. À 14 ans je me suis enfuie. Je ne voulais plus rien avoir à faire avec eux. Je suis allée jusqu’au deuxième étage et c’est là que j’ai rencontré Prisca. La suite vous la connaissez. Il me semble que j’ai fait mes preuves. Mes origines et mon passé n’ont aucune importance.

Ses amis se regardèrent, à moitié convaincus.

— Pourquoi ne nous as-tu rien dit ? s’étonna Sergueï.

— Exactement pour éviter ce qui est en train de se passer. Je ne vous ai pas trahi. Je suis la même que celle que j’étais ces deux dernières années.

Il acquiesça, puis se retourna vers Prisca.

— C’est tout ce que tu voulais nous dire Prisca ?

— Oui, je voulais que les choses soient claires.

— Tu as bien fait.

— Comment l’as-tu su ? La questionna Lania.

— Il y avait ta photo au commissariat.

Lania baissa à nouveau les yeux. Sergueï ordonna :

— Bon, alors c’est réglé. Vous pouvez retourner à vos affaires.

Il esquissa un pas pour s’éloigner. Matt l’arrêta en l’attrapant par le bras.

— Alors tu ne vas rien faire ?

— Non, elle m’a convaincu, elle peut rester.

Il se dégagea. Tous se dispersèrent en jetant un regard de dédain à Lania. C’était exactement la réaction qu’elle ne voulait pas leur susciter, mais c’était trop tard. Elle ne pouvait pas changer ses origines, simplement les renier. Mais apparemment ce n’était pas suffisant. Elle releva les yeux et croisa le regard d’Acacia. Elle la fixait de façon impassible. Lania s’étonna alors qu’elle n’ait rien dit jusque-là. Ce n’était pas dans ses habitudes. Ne pouvant plus supporter l’atmosphère lourde qui régnait dans la pièce, elle se réfugia dans le bureau.

Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit sur Sergueï. Il passa la tête dans l’ouverture.

— Je peux entrer ?

Lania acquiesça. Sergueï avança et referma la porte derrière lui. Il se posta face à Lania et la regarda d’un air indécis. Un silence gêné s’installa. Sergueï finit par dire :

— J’aurais aimé que tu me le dises.

— Je suis désolée.

— Vraiment ?

Elle le regarda d’un air sincère.

— Je t’assure. Je ne voulais vraiment pas que ça se passe ainsi. Je ne voulais pas que vous me rejetiez. Je me sens bien ici. Vous êtes ma vraie famille.

Il l’étudia attentivement. Il était touché par sa déclaration, mais ne voulait rien en montrer, et encore moins l’admettre. Il finit par tourner les talons. Il ouvrit la porte et esquissa un pas pour sortir. Au dernier moment, il lui lança un coup d’œil et révéla :

— Tu es toujours la bienvenue ici, laisse-nous juste le temps de nous faire à… à tes origines, finit-il d’un ton amer.

Il sortit et ferma la porte derrière lui.

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