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Bienvenue sur Horizons ! Vous trouverez sur ce site les différentes histoires que j'écris. Certaines pourront être lues ici ou sur des sites partenaires; d'autres seront disponibles à l'achat. Vous trouverez surtout de la SF et de la fantasy dans un premier temps, mais qui sait où nous porteront les temps futur !
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Véronique Edorra

Je suis tombée dans la magie de l´écriture quand j´étais petite. Sortie du lycée, j´ai commencé à créer mes propres histoires. Mes genres de prédilection sont la science-fiction, la fantasy et le fantastique. J´aime également beaucoup l´Histoire et la psychologie des personnages.
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Sur un fil

Le fil vert défile, dessinant des sinuosités rassurantes. Elle ne doit pas le fixer, bien qu’il se révèle parfois hypnotique. Elle ne doit que lui jeter de fréquents coups d’œil, et écouter ce qu’il a à lui dire. Elle le croise plusieurs fois par jour. Certaines journées bénies, ce n’est qu’une ou deux fois ; et d’autres comme aujourd’hui où il s’incruste.

Elle ne sait pas quoi penser de lui. Elle lui est reconnaissante souvent. Il la guide après tout, influence ses choix pour le meilleur. Et quand ses sinuosités se font normales et régulières, c’est un pur bonheur. Mais parfois, il se fait porteur de mauvaises nouvelles. Il n’est rien d’autre qu’une Cassandre dont elle voudrait ignorer les cris d’alarme… Même si ces derniers l’orientent aussi. Mais Dieu, qu’elle le déteste ces fois-là, quand ses hauteurs s’écrasent jusqu’à ce qu’il devienne horriblement plat.

C’est le cas à cet instant précis. Les bips de l’électrocardiogramme se font plus aigus, lui vrillent les tympans. Et ce fameux fil qui est le symbole de la vie de l’homme sous elle présente des signes de faiblesse. Il veut se coucher à jamais et entraîner l’homme dans sa chute. Elle s’y refuse encore. Il ne tombera pas sous sa garde. Depuis quelques minutes, elle s’échine à faire un massage cardiaque à son nouveau patient, incitant son cœur à repartir, en vain.
Elle s’entend hurler des ordres à son équipe de réanimation, son attention divisée sur de nombreux champs, mais dans une seule optique : sauver une vie.

Et pendant que sa conscience est entièrement dédiée à sa tâche, une partie de son esprit digresse sur ce fil. Est-ce pathétique de le considérer comme son compagnon ? De l’aimer et le détester à la fois ? De simplement le personnaliser ? Comment peut-il à la fois être un symbole de vie et de mort ? Ce n’est qu’une machine après tout. Mais là encore, pourquoi ses créateurs ont choisi le fil comme signe distinctif ?

Elle se rappelle soudain la légende grecque des trois Parques, ces fileuses qui tissaient le fil de la vie des mortels, de la naissance à la mort. Tout le long de son existence, ce fil pouvait rester droit, faire des détours, ou s’emmêler dans des nœuds complexes. Mais le résultat était toujours le même : d’un coup de ciseaux, il était coupé, et la vie qu’il représentait détruite.

Être coupé, s’aplatir… La vie ne tient toujours qu’à un fil.

Elle est descendue. Ses mains ne seront pas suffisantes. Elle aura besoin de décharges électriques pour réanimer son patient. Les palettes font leur office, une fois, puis deux.

Finalement, un bip rassurant se fait entendre. Un œil sur le moniteur suffit à confirmer ce que ses oreilles lui ont dit. Le fil vert a repris ses balancements habituels ; le cœur est reparti.

Un sourire fleurit sur les lèvres du docteur. Elle l’a ramené. De justesse, mais elle l’a ramené.