Étiquette : contemporain

Avant de t’oublier

Auteur : Rowan Coleman

Editeur : Milady

Genre : Contemporain

Résumé : Claire mène une vie heureuse en compagnie de son mari et de ses deux filles. Mais son bonheur est de courte durée : elle découvre qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Sa mémoire part à la dérive, et elle oublie ce qu’elle croyait gravé en elle pour toujours. Pour lutter contre sa disparition, son mari lui offre un carnet dans lequel elle notera tout ce qu’elle n a pas encore oublié. Une façon de faire comprendre à ses filles que même si ses jours sont comptés, la vie a encore de beaux jours devant elle.

 

Mon avis


 

J’ai beaucoup aimé ce roman traitant d’Alzheimer. Si on connait tous cette maladie, au moins de nom, elle me touche d’un peu plus près depuis quelques mois, et j’étais donc curieuse de lire cette histoire. Je ne regrette pas un seul instant cette lecture.

 
L’intrigue

L’histoire nous est racontée du point de vue d’Alice, femme d’une grosse quarantaine d’années, qui on l’apprend bien vite souffre d’un Alzheimer précoce. On entre dans sa tête, on partage ses absences, ses doutes et ses déroutes alors qu’elle nous raconte sa vie et comment elle essaie au quotidien de reculer l’échéance : ce jour où elle ne se rappellera plus de ses proches. C’est aussi par ses yeux qu’on fait la connaissance de sa famille : son mari, ses filles, sa mère. Tous essayent de l’aider comme ils le peuvent, ce qui n’est pas sans créer des conflits. Surtout avec son mari, qu’Alice est le premier à oublier. Ce qui n’arrange rien quand elle tombe sous le charme d’un inconnu qui lui fait oublier sa maladie.

 
Les personnages

J’ai trouvé que tous les personnages étaient écrit avec une justesse bouleversante. Que ce soit Alice, luttant contre la confusion et la peine qu’elle inflige à ses proches sans le vouloir; ou son mari, touchant dans sa façon de vouloir l’aider alors qu’elle l’a oublié; ou sa mère, ignorant ses rebellions pour mieux s’occuper d’elle; ou encore sa fille de 20 ans qui a du mal à trouver sa place avec cette épée de Damoclès sur leur tête. Ils sont tous terriblement attachants.

 
Pour conclure

Je ne peux que vous conseiller ce roman que j’ai dévoré. Le style d’écriture est fluide et on se laisse facilement porter par les mots et les émotions qu’ils génèrent.

Mes vies de chien

Titre : Mes vies de chien (A Dog’s Purpose)
Année de production : 2017
Réalisateur : Lasse Hallström
Scénariste : Cathryn Michon
Distribution : Josh Gad, K.J. Apa, Britt Robertson…
Genre : Comédie dramatique

Résumé : L’histoire d’un chien qui se réincarne plusieurs fois et cherche toujours à retrouver son maître d’origine et la meilleure amie de celui-ci.

Mon avis

Je ne suis pas une amoureuse folle des chiens, et je ne pensais pas autant apprécier ce film, mais j’ai passé un très bon moment à le regarder. Je me suis laissée prendre par cette histoire racontée par l’âme d’un chien à travers plusieurs de ses réincarnations en diverses races de chiens.
On suit donc les aventures de Bailey (aka Buddy aka Tino aka Ellie), chien de son état qui suite à sa première vie sans se poser de questions, se demande dans sa deuxième vie quelle est le but de la vie d’un chien. Il se trouve justement que dans cette vie, son maître est un jeune garçon nommé Ethan. Entre les deux va naître une amitié et une complicité sans limite.
Malgré ce que l’on pourrait penser, l’histoire ne tourne pas totalement autour du chien. C’est plutôt l’occasion de voir l’âme et les travers humain du point de vue d’un de nos amis canins, de prendre un peu de recul.

Ethan et Bailey


Il se trouve que la vie d’Ethan n’est pas sans problème. Il a des parents aimants, même si on devine son père un peu froid. Ce dernier n’apprécie pas d’avoir un chien, d’autant plus quand suite à un accident, il perd son emploi, puis sombre dans l’alcool.
Bailey suit donc ces événements, faussés par sa vision de chien. On le voit grandir avec Ethan, jusqu’au jour où il doit passer de l’autre côté. Les différentes scènes de mort des différentes vies de Bailey sont évidemment déchirantes, sans pour autant verser dans le mélodrame.
Lors des passages vers ses autres vies, Bailey garde tous ses souvenirs, et désire donc retrouver Ethan. Je ne vais pas vous détailler les différentes vies de Bailey pour ne pas vous gâcher la surprise. Un point commun relie pourtant ses différents maitres : la solitude. A sa manière, Bailey va essayer de les consoler. J’ai trouver ses études de la solitude moderne (salut Souchon !) très bien pensées et émouvantes (Vis ma vie de célibataire ^_^).
Je ne vais pas vous en dévoiler davantage sur le film car ça gâcherait tout l’intérêt. Cela dit, je vous conseille grandement ce film, bien plus profond qu’on pourrait le penser. Et voici la bande annonce (A regarder à vos risques et périls car elle dévoile quasiment tout le film) !
 

Americanah

Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie

Éditeur : Gallimard

Genre : Contemporain

Résumé : Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

Mon avis

J’ai commencé ce livre suite à la chronique de Jupsy, du blog Encore un chapitre. J’ai suivi ses conseils avisés et je ne le regrette pas, bien que je ne suis pas certaine d’avoir aimé le roman autant qu’elle.

Mais commençons par le début. Dans le premier chapitre, nous faisons la connaissance d’Ifemelu, nigériane vivant aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années. Elle vient de fermer son blog qui marchait du feu de Dieu et a pris la décision de rentrer dans son pays natal : le Nigéria. Elle a également renoué avec son amour de jeunesse : Obinze, par le biais d’un simple sms. Alors qu’elle va se faire tresser les cheveux, c’est l’occasion de replonger dans ses souvenirs. Nous opérons un retour en arrière pour découvrir sa vie : ses jeunes années au Nigéria, son histoire d’amour avec Obinze, son arrivée aux U.S.A.

Toutes ces expériences nous dressent un portrait de ce qu’est la vie dans cette partie de l’Afrique actuellement. J’ai énormément appris, et déjà qu’inconsciemment, j’avais pas mal d’idées reçues en tête. Je pense que c’est l’un des buts de ce roman de nous mettre face à nous-même et il le fait avec brio.

Nous découvrons une galerie de personnages hauts en couleurs que j’ai beaucoup aimé. Même les personnages secondaires ne sont pas des coquilles vides. J’ai notamment adoré tante Uju, Obinze et sa mère. Obinze, le grand amour d’Ifemelu, m’a charmé par sa simplicité, mais aussi par ses doutes. Une partie du récit sera de son point de vue et nous permettra à moindre mesure de découvrir la vie d’un immigré en Angleterre.

Mais revenons à Ifemelu. En tant qu’étudiante, elle obtient une bourse pour aller étudier aux U.S.A. Son arrivée là-bas la trouble au plus profond d’elle-même. Sa vie ne sera pas de tout repos. Au bout de quelques temps, elle décide d’ouvrir un blog sur le racisme et sur ce que signifie être noir aux Etats-Unis. Le récit est émaillé d’articles de ce blog qui lui rajoute un plus.

La fin m’a plu. Elle n’est pas exceptionnelle, mais annonce comme un nouveau départ pour Obinze et Ifemelu.

J’ai appris énormément grâce à cette lecture. J’ai trouvé ce sujet passionnant, même si son traitement alourdit l’intrigue. J’ai ressenti quelques longueurs. A vrai dire, Americanah est pour moi à la frontière du roman et de l’essai. Mais je ne regrette pas ma lecture. Au contraire, je vous la conseille grandement.

Oh la vache !

Auteur : David Duchovny

Éditeur : Grasset

Genre : Contemporain humoristique

Résumé : Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque. Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré – jusqu’au jour où elle comprend qu’elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l’abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion.

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman. Je me suis laissée tenter simplement en raison de l’auteur et du souvenir de ma passionaria X-files quand j’étais gamine. Au final, je n’ai pas été déçue car j’ai passé un excellent moment avec cette lecture !

Le style est frais et fluide. Les jeux de mots et les remarques quelques peu sarcastiques s’enchaînent. L’histoire est racontée du point de vue d’Emma la vache, et elle possède un ton très particulier qui me l’a rendu très attachante. Elle nous raconte son histoire de jeune vache adolescente, dont la meilleure amie commence à être sérieusement attirée par les taureaux. Sa vie à la ferme se passe tranquillement au rythme des traites. Jusqu’au jour où elle surprend une émission télévisée sur les abattoirs. Sa condition de vache la frappe durement à la découverte de cette réalité. Elle décide alors de partir en Inde, seul endroit où les vaches sont célébrées et respectées.

Elle rencontre un cochon qui veut partir en Israël (mieux vaut être haï que mangé) et une dinde (Turkey en anglais) qui veut partir en Turquie. Le voyage commence.

Le trio de personnage est savoureux, et ils ont tous leurs particularités qui les rendent uniques.

Cette fable est le prétexte pour une critique de notre société. Pourtant, elle est tout en douceur. Elle constate mais ne condamne pas. On comprend certaines choses, on se remet en question, sans pour autant se sentir sur le banc des accusés, ce qui est très appréciable.

Pour conclure, j’ai eu un coup de cœur pour cet OVNI littéraire, qui m’a agréablement changé de mes lectures habituelles.

La déchirure de l’eau

Auteur : John Lynch

Editeurs : Le castor astral

Genre : Contemporain

Résumé : Le père de James Lavery est mort. Son fils est persuadé qu’il s’est sacrifié pour l’Irlande. Cherchant désespérément à échapper à sa pesante solitude, a sa pénible vie quotidienne et à l’alcoolisme envahissant de sa mère, James se crée son propre monde : il devient ainsi le héros d’une série d’aventures fantastiques qu’il rêve au fil des jours.
Mais les années passent et James entrevoit des étincelles de vérité à propos de son père. Alors qu’il embarque lui-même dans sa première histoire d’amour, il commence a comprendre les vraies complexités de la vie.

Mon avis

Je ressors un peu mitigée de cette lecture. L’histoire m’a globalement plu, mais ne m’a pas bluffée non plus.

Le roman est rédigé au présent et à la troisième personne du singulier. C’est un style un peu particulier auquel il faut s’habituer, et ici, j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans. J’ai ressenti comme une mise à distance vis-à-vis des événements, et du coup, j’étais moins touchée par ce qui arrive aux personnages.

On suit l’histoire de James Lavery, un jeune homme irlandais de 17 ans dont le père est mort quand il était petit. Le mystère plane sur les circonstances de cette mort, dont on dit simplement « qu’il est mort pour son pays ». La mère, elle, refuse catégoriquement d’en parler. Vu le contexte de ce roman, j’ai assez vite eu une idée de ce qu’il en était, et en ai eu confirmation à la fin, car ce mystère n’est révélé que dans les derniers chapitres. Le reste du roman nous présente quelques premières découvertes du personnage principal et ses relations conflictuelles avec sa mère et son beau-père du moment. Le personnage principal est clairement marqué par la mort de son père, et la mort en général. Il s’invente souvent des mises en scène de morts différentes, adresse des lettres imaginaires à son père. Ces différentes scènes sont intéressantes dans le sens qu’elle montre l’aspect psychologique du personnage, mais sont parfois perturbante avec le reste du roman. James n’arrive clairement pas à faire son deuil, et blâme férocement sa mère, alcoolique.

Tous les personnages ont leur part d’ombre. Ils en ressortent très réalistes. Ils m’ont tous agacé tour à tour, et pourtant, je les ai tous compris dans leurs défauts et dans leur manque de communication. J’aurais aimé que la situation entre les trois principaux personnages évoluent davantage. J’ai eu globalement une impression de stagnation à ce niveau-là, qui m’a un peu déçue.

Pour finir, j’ai aimé l’exploration des relations familiales et le contexte politique de l’Irlande qu’on devine entre les lignes. J’ai regretté un certain ton froid qui ne m’a pas aidé à m’attacher aux personnages, et une certaine stagnation de l’histoire qui me laisse un goût d’inachevé.

 

Les stagiaires

Auteur : Samantha Bailly

Éditeur : Milady

Genre : Contemporain

Résumé : Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative.
Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives.
Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne.
Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro…
Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent.
Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?

Mon avis

Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre avec ce roman, et finalement, j’ai passé un bon moment. Le style est très fluide et on se laisse très facilement embarqué dans l’histoire.

La narration est découpée en deux parties : une racontée par Ophélie, la stagiaire en communication, et l’autre par Arthur, le stagiaire en contrôle de gestion. Leurs deux points de vue s’enchaînent un chapitre après l’autre. J’aime quand on a plusieurs points de vue tout en gardant la narration à la première personne. J’ai donc été ravie de ce côté-là.

L’autre bon point de ce roman, c’est la construction des personnages. Leur caractère est fouillé, construit. Ils ont une âme propre et une présence incontestable. Ceci même pour les personnages secondaires. Ils ont tous un petit quelque chose qui les rend mémorable. J’ai aimé le caractère cynique d’Arthur même si c’est un profond salaud. C’est pas un spoiler hein, vous le découvrirez dès les premières lignes . Ophélie a su me toucher aussi, mais par son expérience, je me sentais plus proche d’elle. Il y a une réelle évolution des personnages dans cette histoire. Après tout, ce stage est un parcours initiatique, et pour ces stagiaires une réflexion sur eux-mêmes, sur ce que leurs proches veulent qu’ils soient et ce qu’ils sont vraiment. Le passage à l’âge adulte en somme.

Ce roman se passant en milieu professionnel, on n’échappe pas à une critique du marché du travail. Je l’ai trouvé très bien amenée, toute en légèreté, à la fois présente et secondaire à l’intrigue. Heureusement, parce que vu ma situation professionnelle actuelle, ça aurait pu me gâcher le roman . Finalement, pas du tout. Un très bon point en ce qui me concerne.
Pour conclure, j’ai passé un bon moment avec ce roman. Ça aurait pu n’être pas le cas car je ne suis généralement pas fan des histoires contemporaines, mais les personnages riches de cette histoire ont su me convaincre et me séduire. Je me repencherai probablement sur la plume de Samantha Bailly.